" Je vais me faire licencier ".
La porte claque. Courant d'air.
Ce matin là , je n'étais pas à l'heure, pour ne pas dire et avouer que j'avais carrément du retard.
D'un pas mal assuré, je descends les marches , prépare mes écouteurs, remet mon écharpe et rejoins mon quotidien.
Klaxons, cris, vrombissements, vélos, dérapages...L'heure de pointe dans toute sa splendeur, avec tout ce qu 'elle dégage d'agressif et de laid.
Tout m'arrache et m'écorche.
Et , même si je me trouvais dans cet état relativement comfortable de confusion où; complétement à la masse, j'abordais la rue passivement et positivement, les gens m'insupportaient.
Cette égratignure s'élargit lorsque je la croise entre 2,3 pingouins, pressés de rejoindre leur banquise bureaucratique.
Les idées décousues , la musique ambient , mes potes les canards qui barbotaient ,... tout était calme , si simple...
" Je vais me faire licencier ".
Prends ça.
A cet instant , je jette, j'ignore, je supprime ... Tout , tout , tout , absolument tout sur tout.
Je comprend rien. Pourquoi cette caricature humaine, si fascinante par sa tchatche mais tellement pathétique dans son ambition grandiloquente allait-elle être licenciée?
" Salut. On se voit à la réunion tout à l'heure ".
Je traverse la route.
Je suis triste.
Je suis blasée.
Cette gourde m'avait peté mon lieu de repli , ma bulle...
Celle qui m'était si chère et qui me protégeait chaque matin contre la pérsecution urbaine,
Cette petite fleur saine et sauve, arrosée de mes plus belles espérances,
Cette petite musique douce qui m'éclairait de ses notes chaleureuses,
Cette espace que je me devais désormais de reconstruire dignement avec le peu de batterie qu'il me restait sur mon baladeur!
BORDEL.
Au loin , les cloches sonnent.
C'est pas vrai, déjà 9h30?... Impossible... Merde , je suis trop à la bourre.
Je me rassure quand j'arrive Rue Saint Guillaume.
Une belle grosse voiture garée , des pingouins, des fleurs, des belles femmes, des enfants.
Pas de panique, c'est juste une messe. J'ai le temps.
Puis, Pourquoi je cours déjà?
Pour gagner 5mn et en perdre 10 de plus en fumant une cigarette?
D'abord, regardes.
As-t-il couru lui ?
Sans doute pas assez pour échapper à la mort.
Désormais suffisamment pour échapper à son quotidien.
Notye - Andre Estermann
Efterklang - swarming
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3 commentaires:
J'ai pas touuuut compris mais je t'avoue le dernier paragraphe est très beau.
Agréable, de te lire, via la fiction.
Les mots qui glissent plutôt bien, la mise en forme participe au sens d'une jolie manière.
Impatience.
euh klaxons, le groupe?
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